Le Pôle KIX LAC avance, avec sept pays, dans une initiative régionale visant à constituer une coalition d’institutions de formation initiale des enseignants fondée sur la collaboration et les données probantes

Le Pôle d’échange de connaissances et d’innovation pour l’Amérique latine et les Caraïbes (KIX LAC), une initiative soutenue par le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, et dirigée au niveau régional par SUMMA et l’Organisation des États des Caraïbes orientales (OECO), a tenu une première session de travail collaboratif avec un groupe d’experts afin de faire avancer la mise en place d’une Coalition pour la formation initiale des enseignants en Amérique latine et dans les Caraïbes. La rencontre, organisée le 26 mars 2026, a réuni des représentants d’institutions de formation de la Dominique, du Salvador, du Guatemala, du Honduras, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de Sainte-Lucie, avec également la participation de l’Université des West Indies (Barbade), afin de commencer à définir un agenda de travail commun.
Depuis SUMMA et le Pôle KIX LAC, la question enseignante est abordée selon une logique systémique et fondée sur des données probantes, intégrant les politiques publiques, la formation, les systèmes d’appui et les pratiques pédagogiques, en particulier dans des contextes marqués par de fortes inégalités et des situations de vulnérabilité. Un antécédent important de ce projet est le travail mené par SUMMA avec l’Université des West Indies depuis 2021 pour renforcer la formation initiale des enseignants dans les Caraïbes orientales. Ce projet a cherché à répondre à des défis tels que les lacunes en compétences pédagogiques, l’actualisation des curricula et l’usage des données probantes dans la formation des enseignants. Parmi ses avancées figurent l’élaboration du nouveau curriculum ADE du primaire, l’adoption de feuilles de route pour sa mise en œuvre, le lancement de formations destinées aux formateurs d’enseignants, ainsi que l’ouverture de nouvelles possibilités de collaboration régionale.
La Coalition, actuellement en cours de constitution, vise à articuler les institutions de formation et les acteurs clés d’Amérique latine et des Caraïbes afin de renforcer la qualité de la formation initiale des enseignants dans la région. Sa pertinence réside dans sa capacité à identifier des défis partagés, à mobiliser les connaissances, à diffuser les bonnes pratiques et à générer des ressources et des recommandations fondées sur des données probantes susceptibles d’améliorer les politiques et les pratiques dans ce domaine. Lors de la Rencontre régionale KIX LAC 2025, tenue au Guatemala, cette initiative a été lancée comme une étape importante pour continuer à enrichir le dialogue et l’action régionale autour de la formation initiale des enseignants.

Dans le cadre de ce projet, le Pôle KIX LAC a élaboré un document de référence sur l’état de la formation initiale des enseignants, structuré en trois grandes parties : 1) une perspective mondiale, 2) une perspective régionale et 3) une perspective nationale (pays du KIX LAC). Avant la rencontre, la version préliminaire de la première partie du document, Panorama mondial de la formation initiale des enseignants, a été partagée avec les participants. Elle comprenait un examen des principaux défis et débats contemporains, notamment en matière de stages pédagogiques, de pédagogies inclusives, de compétences en recherche, d’intégration des technologies et de littératie numérique. Dans l’ensemble, le groupe d’experts a salué le travail réalisé et les thèmes abordés dans cette première partie, qui a servi de base à la discussion et permis de recueillir des commentaires, des besoins et des priorités, tant au niveau national que régional. Les participants ont échangé leurs points de vue sur les défis structurels et sur la manière dont une articulation régionale pourrait permettre de les aborder plus efficacement que des efforts isolés.
Des représentants de six pays membres du KIX LAC ont pris part à la rencontre — trois d’Amérique centrale et trois des Caraïbes orientales —, parmi lesquels Jorge Escobar, de l’Universidad Pedagógica de El Salvador ; Jackeline Marroquín, de l’Universidad Mariano Gálvez de Guatemala ; Hernán Montúfar, de l’Universidad Pedagógica Nacional Francisco Morazán du Honduras ; Mervyn Dailey, du Dominica State College ; Vicky Charles, du Sir Arthur Lewis Community College de Sainte-Lucie ; ainsi que Marise Butler et Ann Dopwell, du St. Vincent and the Grenadines Community College. Laurette Bristol a également participé à la rencontre. Elle est directrice de l’École d’éducation de l’Université des West Indies (campus Cave Hill, Barbade) et l’une des principales référentes qui portent ce projet avec le Pôle KIX LAC.
Les interventions ont fait ressortir des préoccupations communes, mais aussi des réalités nationales très concrètes. Depuis le Honduras, Hernán Montúfar a alerté sur la dévalorisation sociale de la profession enseignante, la moindre capacité à attirer les meilleurs candidats, ainsi que sur la nécessité d’articuler la formation initiale avec la formation continue et la carrière enseignante. Depuis la Barbade, Laurette Bristol a attiré l’attention sur un autre nœud structurel : les limites de financement, la difficulté à retenir des enseignants mieux qualifiés, ainsi que l’importance de réfléchir à de meilleurs critères de recrutement et de renforcer la préparation de celles et ceux qui forment les futurs enseignants.
La conversation a également mis en lumière les défis liés à la pratique. Depuis le Guatemala, Jackeline Marroquín a souligné que l’intérêt pour les études en enseignement a diminué ces dernières années et a insisté sur la nécessité de mieux accompagner les stages pédagogiques, ainsi que de mieux préparer les étudiants à des contextes complexes marqués par la ruralité, les classes multiniveaux et des conditions peu favorables à l’exercice de la profession. Dans le même sens, Jorge Escobar, du Salvador, a insisté sur l’importance de réduire l’écart entre la théorie et la pratique dans la formation. De son côté, depuis la Dominique, Mervyn Dailey a indiqué que les déficits en infrastructures et en ressources numériques demeurent un obstacle concret à l’enseignement et à l’apprentissage.
Malgré la diversité des contextes, les échanges ont fait apparaître plusieurs points de convergence. Parmi eux, la nécessité de partager de bonnes pratiques, des recherches et des expériences liées au développement curriculaire et à des modèles d’enseignement pouvant servir de références entre les pays. Dans ce cadre, la future coalition se profile comme un espace utile pour apprendre entre pairs, systématiser les expériences et construire des réponses plus articulées face aux défis communs de la région.
Enfin, les prochaines étapes du processus ont été présentées, parmi lesquelles l’élaboration d’une feuille de route consensuelle sur le fonctionnement de la Coalition, une campagne de sensibilisation et de diffusion, ainsi que la coordination d’une prochaine rencontre avec le Réseau des doyennes et doyens des facultés d’éducation des universités latino-américaines (REDECANEDU).
Avec cette première session, le Pôle KIX LAC a franchi une nouvelle étape dans son travail d’articulation régionale, en reliant les expériences et en promouvant les échanges entre pays afin de répondre, à partir de données probantes, à des défis éducatifs partagés. De cette manière, la rencontre a posé les bases d’un travail collaboratif visant à renforcer la formation initiale des enseignants en Amérique latine et dans les Caraïbes.




























































































































