Conversations KIX : Le nouveau programme scolaire qui transforme l’éducation préscolaire au Guatemala

🎥 Voir Conversations KIX | « De la réforme à la réalité : le nouveau programme scolaire qui transforme l’éducation préscolaire au Guatemala » (en espagnol)
La nouvelle édition des Conversations KIX a compté sur la participation de Claudia Morales, directrice générale de la gestion de la qualité éducative au ministère de l’Éducation du Guatemala, qui a présenté les principaux changements et motivations à l’origine de la mise à jour du curriculum national de base (CNB) pour le niveau préscolaire, le processus collaboratif qui l’a rendu possible, ainsi que les progrès et les défis que ce nouveau programme pose pour répondre à la diversité et aux défis contemporains dans les salles de classe du pays. L’entretien, réalisé par Pedro Garret, coordinateur de projets et chercheur au KIX LAC, s’inscrit dans le cadre du « Cycle de mobilisation des connaissances : utilisation des données probantes pour l’éducation de la petite enfance ».
Pour lancer la conversation, Claudia Morales a expliqué que la mise à jour du CNB répondait à la fois à la nécessité de poursuivre le processus de transformation des programmes scolaires engagé avec la réforme de l’éducation et à l’urgence de relever les défis actuels auxquels sont confrontés les enfants guatémaltèques. La nouvelle proposition conserve les principes philosophiques et pédagogiques d’une éducation complète, inclusive et pertinente, mais intègre des transformations clés : une plus grande clarté dans l’organisation et la hiérarchisation des compétences, un accent plus fort sur le développement socio-émotionnel, l’éducation civique et le respect de la diversité culturelle et linguistique, ainsi que la préparation des enfants à évoluer dans un monde aux exigences cognitives et sociales beaucoup plus complexes.
Ce processus, qui s’est déroulé selon une méthodologie participative et dialogique, s’est appuyé sur plusieurs facteurs favorables : la volonté politique du ministère de l’Éducation, le soutien réglementaire, la disponibilité budgétaire et, surtout, l’intégration de multiples voix. Des équipes techniques, des spécialistes, des superviseurs, des coordinateurs départementaux, des enseignants des écoles normales et des représentants des communautés ont participé à des ateliers de validation régionaux, à des révisions techniques et à des espaces de consensus qui ont permis de donner de la cohérence à la proposition. Pour Mme Morales, cet effort collectif a été essentiel pour garantir que le programme scolaire reflète la diversité des contextes du pays.
La directrice a également souligné que le nouveau CNB se concrétise dans la salle de classe par une approche inclusive et équitable qui intègre la dimension interculturelle bilingue et les cosmovisions propres aux communautés. En outre, il encourage les adultes à jouer un rôle actif de médiateurs afin de briser les stéréotypes de genre et de promouvoir la pleine participation des filles et des garçons dans des environnements éducatifs exempts de pratiques discriminatoires. Selon ses propres termes, il s’agit d’un programme qui « ne reste pas sur le papier, mais qui est mis en pratique dans l’éducation quotidienne ».
En ce qui concerne les premiers progrès, Morales a souligné que des changements significatifs sont déjà perceptibles : un rôle plus important du jeu en tant que stratégie d’apprentissage, plus d’autonomie et de créativité chez les élèves, et l’intégration de contenus liés à la citoyenneté, à l’environnement et à la coexistence pacifique. Malgré ces progrès, la mise en œuvre n’a pas été sans difficultés. La plus souvent mentionnée par les enseignants a été la nécessité d’une formation plus poussée, en particulier dans les écoles rurales et multigrades, où le manque de ressources rend plus complexe la mise en œuvre des changements proposés. Face à cette situation, le ministère a misé sur la formation continue, l’accompagnement technique et les alliances stratégiques avec les communautés et les organismes de coopération internationale.
En ce qui concerne les prochaines étapes, la directrice a souligné que la priorité était de consolider la mise en œuvre par le biais d’une formation continue, d’évaluer systématiquement l’impact du programme et de le perfectionner en fonction des nouvelles données disponibles et des besoins émergents. Elle a rappelé que le CNB devait être considéré comme un projet d’État flexible, perfectible et vivant, capable de s’adapter aux changements nationaux et mondiaux. En ce qui concerne les recommandations à l’intention d’autres pays, elle a souligné quatre points clés : garantir l’inclusion de multiples voix dans le processus, fonder les décisions sur des données probantes solides, maintenir un soutien politique constant et concevoir le programme comme un projet dynamique qui doit s’adapter aux changements du temps et de la société.
Dans son message final, il a souligné qu’investir dans la petite enfance est la meilleure décision qu’un État puisse prendre : « La réussite de l’apprentissage à différents niveaux repose sur l’investissement que nous faisons dans la petite enfance. C’est ce qui garantira que les processus éducatifs seront plus efficaces, plus performants et que les indicateurs auxquels nous aspirons évolueront positivement ».




























































































































